mercredi 3 septembre 2014

L'art de faire faire des erreurs aux autres

Très souvent dans l'implémentation d'une méthode agile vient la question suivante : jusqu'à quel point puis-je m'éloigner des pratiques courantes au nom de l'"agilité"? 

Quel est la limite à ne pas franchir ? 


Jusqu'où peut-on malmener une méthode agile, que ce soit XP, Scrum ou Kanban ?

Il est intéressant d'avoir une double démarche. La première est celle de s'intéresser à l'histoire. Comment est-on venu à standardiser l'utilisation du board papier ? Découvrir l'histoire permet souvent de découvrir le principe caché.

Mais au final est-ce si important ? La réponse est du moment que cela marche, on peut toujours essayer de ne pas se poser trop de questions. Mais dans la pratique les recettes magiques ne fonctionnent pas.

Les méthodes agiles reposent sur des principes fondateurs. Ces principes quelques soit le choix doivent être respectés, sinon ce n'est plus de l'agile.

Mais quels sont ces principes ?

Les principes agiles 

Voici le manifesto agile :

Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils


Des logiciels opérationnels plus qu’une documentation exhaustive


La collaboration avec les clients plus que la négociation contractuelle

L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan

Si nous reprenons l'exemple d'un tableau papier sur un mur alors que nous sommes dans l'ère de la dématérialisation. Nous constatons que très souvent la solution papier est choisie, pourquoi ?

Elle privilégie les intéractions des individus. Peut-on faire autrement, avec des outils électroniques. Bien sûr, le tout est de faire attention à ce que l'intéraction entre les individus soit promu par l'implémentation d'une méthode agile.

Donc l'élément clef est la maîtrise des principes agiles, et quel est la meilleur façon de les maîtriser ?

L'art de l'apprentissage par l'erreur

La meilleur façon d'apprendre l'agilité est de le découvrir par soi même, sachant que la première défi est,  que ce n'est pas juste un individu mais tout un groupe qui doit maîtriser les principes.

L'apprentissage par l'erreur fait souvent peur, un synonyme est l'apprentissage par l'expérimentation, ou recherche d'une solution optimale de façon empirique.

Une erreur peut aussi être source de découragement. La question qui se pose est à quel moment laisse-t-on les collaborateurs essayer une mauvaise pratique ? La réponse dépend de votre niveau de connaissance des personnes. Si vous savez qu'elles sont en mesures de découvrir la solution, c'est une bonne chose d'apprendre par l'erreur, si cela amène un sentiment "d'impasse", c'est une mauvaise chose.

Que faire quand on ne connaît pas très bien le groupe ? S'assurer que le groupe tente une approche pour résoudre un problème en connaissant les alternatives. Le plus difficile est de rester neutre avec cette stratégie. Si vous n'êtes pas neutre, la politique du "pas vue, pas pris" s'applique,  le groupe ne doit jamais se sentir influencé. En effet l'idéal est quand un groupe de personnes apprend par lui même.

Apprentissage mutuel

L'avantage de laisser la possibilité aux autres de faire des erreurs quand on fait du coaching,  est que l'on peut être surpris du résultat. Notre nature humaine nous pousse à nous reposer sur nos acquis. Malheureusement les circonstances changent.

Ce qui au départ semble une erreur peut se révéler "la solution géniale". Dans ce cas de figure, une dynamique très positive se met en place : tout le monde apprend de tout le monde.

Ce phénomène est d'autant plus vrai si on considère le principe du "wisdom of crowd". Un manager ou un coach, aura plus de savoir à disposition si il est inclus dans un groupe.

Capitaliser nos erreurs

Bien sur le plus grand gaspillage est celui de recommencer les mêmes erreurs. Sans rentrer dans le détail, le principe de la roue de Deming est très important. Toute erreur n'est utile que si nous en tirons leçon et profitons de cette opportunité pour faire des changements.

Quels sont nos limites pour expérimenter des changements dans les pratiques agiles ?

Il n'existe pas beaucoup de limite si ce n'est celle du temps. Il est préférable de ne pas commencer de zéro l'apprentissage de l'agilité, mais plutôt de se faire aider par quelqu'un de plus expérimenté.

Dans un contexte d'auto apprentissage personnel, on peut se permettre de tout essayer, dans le cadre d'un projet réel, c'est tout simplement un problème de coût, en fonction des moyens à disposition, il faut essayer de faire autant d'expérimentation que possible quitte à faire des erreurs.



Bibliographie :
http://edutechwiki.unige.ch/fr/Place_de_l%27erreur_dans_l%27apprentissage#La_gestion_de_l.27erreur_dans_les_Technologies_pour_l.27apprentissage
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Wisdom_of_Crowds
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roue_de_Deming
http://agilemanifesto.org/iso/fr/

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